Lire la charge d'entraînement avec le RPE
La méthode RPE pour mesurer la charge d'entraînement de tes joueurs de foot : simple, gratuite, utilisable dès la prochaine séance.
Thibaud C. · Préparateur physique · Dernière mise à jour : 26 septembre 2026
Le RPE (Rating of Perceived Exertion, « perception de l'effort ») est un moyen simple de mesurer l'intensité ressentie. À la fin de la séance, chaque joueur donne un score de 0 à 10 (échelle de Borg modifiée par Foster).
Comment recueillir les réponses
- À l'oral : chacun annonce son chiffre (rapide, peu de trace écrite).
- Sur une feuille / un tableau (recommandé) : simple et permet le suivi.
- Par message / formulaire (WhatsApp, Google Form) : confortable, pas indispensable.
Idéalement, recueille le RPE 15 à 30 min après la séance, de manière individuelle (les réponses des autres influencent les joueurs).
Comment calculer la charge
Charge (CE) = RPE × durée (en minutes) — exprimée en UA (unités arbitraires).
Exemple : une séance de 90 min où un joueur donne 6,5 ⇒ 6,5 × 90 = 585 UA.
Quels repères ?
≈ 3000 UA / semaine est un ordre de grandeur pour une équipe souvent entraînée (déjà une très grosse semaine), à calibrer sur ton propre groupe — pas un plafond universel. Avec la pratique, tu créeras tes propres valeurs de référence par type de séance et de cycle.
Augmente la charge progressivement d'une semaine à l'autre. Repère (débattu) : évite d'augmenter la charge de plus d'environ 10 % par semaine par rapport à tes semaines habituelles ; au-delà de 15 %, le risque de blessure tend à augmenter, parce que le corps n'a pas le temps de s'adapter. Après une semaine allégée, on revient au niveau d'avant l'allègement, pas au-delà.
La monotonie : une charge qui ne varie jamais
À charge totale égale, une semaine où tous les jours se ressemblent use davantage qu'une semaine qui alterne jours forts, jours légers et repos. C'est ce que mesure la monotonie (Foster) : la charge moyenne des 7 jours de la semaine (jours de repos comptés à 0) divisée par l'écart-type de ces charges, qui dit à quel point elles varient d'un jour à l'autre. Plus les jours se ressemblent, plus la monotonie monte ; on considère souvent qu'au-delà d'environ 2, la semaine est trop uniforme.
En amateur, avec deux ou trois séances et des jours de repos entre elles, la monotonie reste le plus souvent basse. Elle devient un sujet quand toutes les séances se ressemblent (même durée, même RPE) ou quand elles s'enchaînent sans jour léger, en pré-saison par exemple. La parade est simple : alterne un jour fort et un jour léger, et garde de vrais jours de repos.
4 règles pour bien lire les RPE
- Ne jamais comparer les joueurs entre eux. On compare un joueur à lui-même : « habituellement il est à 5-6, aujourd'hui à 8 ».
- Regarder les répétitions, pas une valeur isolée. RPE élevé une fois = normal ; 2-3 fois de suite = signal ; + fatigue visible = alerte.
- Comparer avec l'intention de la séance. Légère → 3-4 · normale → 5-6 · intense → 7-8 · match → 8-9. Un décalage est une info utile, pas une erreur.
- Regarder la dispersion. Si la majorité est à 5-6 mais 2-3 joueurs à 8-9 : charge OK pour le groupe, lourde pour certains profils.
| Intention de la séance | RPE attendu (sur 10) |
|---|---|
| Séance légère | 3 à 4 |
| Séance normale | 5 à 6 |
| Séance intense | 7 à 8 |
| Match | 8 à 9 |
4 cas concrets
- RPE plus élevé que prévu → la séance a plus coûté : alléger la suivante, ne pas répéter la même charge.
- RPE élevé chez certains joueurs → charge mal encaissée : adapter ponctuellement, surveiller la récupération.
- RPE faible mais bonne qualité → séance utile et peu coûteuse : bon entretien, marge pour charger plus tard.
- RPE élevé sur plusieurs séances → fatigue cumulative : prévoir une vraie respiration, ne pas attendre le « craquage ».
Le RPE ne dit pas pourquoi le joueur est fatigué, ni quelle qualité a été travaillée : croise-le toujours avec ton observation, le contexte et les questionnaires. Et n'oublie jamais le plaisir : des joueurs qui prennent du plaisir encaissent mieux et progressent mieux.